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Soirée CJD : "La fragilité, une ressource pour entreprendre"
Invitée Catherine Destivelle, alpiniste de légende
23 juin 2011
 






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Catherine Destivelle donne régulièrement des conférences, en France comme à l'étranger. Elle s’est arrêtée à Nancy, le 23 juin 2011 à l'espace Chaudeau, à l’invitation du CJD sur le thème : "La fragilité, une ressource pour entreprendre". Est’elles était partenaire de cette soirée prestige. Impossible de passer à côté de cette femme d’exception ! C'est en réalisant une succession remarquable d'ascensions en solitaire que Catherine Destivelle s'est affirmée, et a été reconnue, comme une des plus grandes alpinistes de sa génération.

A 12 ans, elle démarre sa formation de grimpeuse. A 15 ans, elle réussit les rochers les plus difficiles de la forêt de Fontainebleau. À 17 ans, elle multiplie les plus grandes courses dans les Alpes A 20 ans, elle devient kinésithérapeute mais cinq ans plus tard le goût de l'escalade reprend le dessus.

Le 11 Octobre 1990 elle grimpe en solo le piler de Bonatti au Dru dans le massif du Mont-Blanc et en 1991 elle ouvre dans la même face sa propre voie en solitaire : 11 jours d'efforts et de difficultés. Rien n’est laissé au hasard ! Pour la faire, elle s’entoure d’une équipe solide. Le matériel est synonyme d’innovation. Et puis, un matin elle se lance avec 30 à 40 kilos sur le dos. La fissure entre 1 millimètre et 1 centimètre est difficile. Absorbée par l’action, elle est vigilante, patiente. A un passage raide, elle tombe de 12 mètres. Impossible d’abandonner, elle continue. Pendant 6 jours, elle ne rencontre pas âme qui vive. Et puis, un oiseau. La fatigue s’accumule mais elle ne lâche pas. Elle pense à ces amis qui l’ont soutenu dans la préparation, à sa déception de ne pas réussir. A 2 heures du matin, elle arrive en pleures mais fière de sa réussite.

Un exploit certes, mais son grand rêve est ailleurs. Elle vise la face nord de l'Eiger (Alpes) surnommée par les professionnels : la face « tueuse ». 1800 mètres de face, 3000 mètres d'escalade, une retraite très difficile, une météo toujours imprévisible et aux conséquences radicales, des chutes de pierres fréquentes. De nombreux alpinistes sont morts pour l’avoir escaladé à la belle saison. Qu’importe, elle décide de la gravir en hiver. Gel et glace, s’ajoutent à la difficulté. Elle réussie ! Très rapide, elle met 17 heures.

Rien ne l’arrête. Elle escalade les Grandes Jorasses, le Cervin, la face Nord de la Cima Grande di Lavaredo dans les dolomites. Elle risque la mort en Antarctique, sauvée de justesse par Erik Decamp. Partout elle est la première femme à oser se lancer dans de telles entreprises.

Qu’est ce qui la motive ? « Mes projets viennent de mes rêves ». « Je perçois la vie dans le mouvement ». A l’évocation du « danger », elle sourie. Certes, elle est fragile mais cette fragilité au lieu d’être un handicap, est une ressource pour entreprendre. « Je me prépare. J’analyse la difficulté objectivement. Je m’entoure de professionnels pour construire ma confiance. Chaque projet me force à me remettre en question ». La montagne pour elle, se résume à une entreprise. Il faut savoir prendre des risques calculés, maîtrisés ». Vigilance, vision, adaptation, innovation, engagement…sont les mots d’un vocabulaire similaire dans les deux cas.

Pour elle, la clef de voûte de la réussite : avoir confiance en soi et avoir confiance dans ces collaborateurs !
Tout un programme.

> site web de Catherine Destivelle
> site web du CDJ Nancy