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Conférence "L'entreprise au féminin"
Par Laurence Faron, créatrice des Editions « Talents hauts »
12 avril 2011

 







CONFERENCE "L’entreprise au féminin" Par Laurence Faron, Créatrice des Editions « Talents hauts », Organisée en partenariat avec l’association Work’cœur 12 avril 2011 à ICN Business School, Nancy

Laurence Faron et Mélanie Decourt sont les fondatrices et créatrices de la maison d’édition « Talents hauts ». C’est une SARL créée il y a 6 ans. Les livres ont pour but de lutter contre le sexisme ( bien qu’il y ait une tendance à ce que le mot soit banni depuis les années 70), Mme Faron revendique le positionnement de la maison d’édition, c'est-à-dire la lutte contre ce sexisme et pour l’égalité hommes/femmes. Il y a aussi une collection pour la lecture bilingue sans traduction. « Talents hauts » compte actuellement 120 titres.

Mme Faron a démontré que dans la littérature de jeunesse, il y a beaucoup de clichés « sexistes » : on retrouve toujours en tête d’affiche, dans la majorité des cas, des héros et non des héroïnes. En général, les personnes ont souvent des rôles caricaturaux : la femme à la maison à s’occuper des enfants, faire les tâches domestiques, alors que l’homme est en extérieur, au travail, ou il est sur son canapé à lire le journal. Il y a souvent un rôle passif de la femme alors que l’homme joue un rôle actif dans l’histoire. De même, au niveau des enfants, on retrouve souvent la petite fille très sage, qui aide sa mère aux tâches ménagères, pendant que le petit garçon est intrépide, fait des bêtises… Il existe aussi des livres destinées aux fillettes de 6-7 ans des livres où les filles deviennent des « femmes-objets », tendance Lolita : maquillage, princesse pour être « parfaite » dès le plus jeune âge.
Mme Faron souligne le fait qu’au travers des livres on impose aux enfants un certain modèle de comportements, de modes de vie. Elle fait remarquer aussi qu’il existe des livres pour garçons (souvent bleus) et d’autres pour filles (roses) et moins de livres mixtes.

C’est pourquoi, elle a eu l’idée de créer une collection de livres de jeunesse pour lutter contre le sexisme, elle a eu cette idée par conviction personnelle, elle se dit elle-même féministe. Ces livres sont destinés à ressembler aux enfants.

Avant la création de cette maison d’édition, elle a travaillé 11 ans dans le secteur bancaire, dans la finance et a été confrontée au « plafond de verre », où elle voyait sa carrière un peu stagner, alors que des collègues masculins, à même niveau qu’elle, continuaient à progresser. Selon elle, c’est l’égalité salariale qui serait la clef pour qu’il ait égalité au travail et moins de discrimination envers les femmes. En effet, le fait que les femmes soient, en général, moins payées que les hommes, a pour conséquence que c’est spontanément la femme qui prend des congés de parentalité, pour perdre le moins de salaire possible.

Mme Faron explique cependant, que pour dénoncer ces clichés sexistes, il faut d’abord les évoquer, les faire, pour ensuite les dénoncer. C’est pourquoi certains des livres de la collection sont construits ainsi. Dans d’autres, il y a inversion des rôles, où par exemple, le père est père au foyer alors que la mère travaille, c’est une petite fille qui se bat contre un dragon, la petite fille se révolte…

Une collection pour adolescents est également sortie afin de faire également passer le message vers une égalité des sexes. L’intervenante a également expliqué que sortir des clichés actuels est difficile, car les parents ont du mal à être confronter aux clichés et surtout à essayer de les dépasser et d’inculquer une nouvelle façon de voir le rôle de la femme et de l’homme tant à la maison qu’au travail.

Mme Faron s’engage aussi directement auprès des écoles, puisque la maison d’édition organise dans les écoles primaires un concours d’écriture contre le sexisme. Enfin, elle a évoqué que dans l’éducation nationale, il y a des différences, puisque les plus hauts postes sont occupés par des hommes et que se sont également des hommes qui font les programmes scolaires. Et donc que finalement le système se perpétue. Le conseil donné est qu’il faut se faire confiance mais ne pas se déguiser non plus et que les femmes imposent leur différence et non de lutter contre.


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