Compétences émotionnelles du manager et bien-être

SarahLe cas des dirigeants de TPE et PME

Sarah GARNIER ancienne élève de l’ICN vient d’achever son stage de fin d’études en tant que chargée de recherche internationale chez Stanton Wallace, un cabinet parisien spécialisé dans le recrutement de cadres à haut potentiel et dans les services d’HR intelligence. Elle a consacré son mémoire de fin d’études à la place des émotions du manager.

Place des émotions dans le management

Fascinée par le domaine des émotions et ayant remarqué au cours de ses expériences antérieures à quel point l’issue positive ou négative d’une mission ne dépend pas simplement de la logique et de la raison, elle décide de consacrer son mémoire de fin d’études à la place des émotions du manager. En parallèle à la réalisation de son mémoire, elle intègre en tant que chargée de recherche internationale le cabinet Stanton Wallace. Cette expérience la conforte dans le choix qu’elle a fait de donner une autre impulsion à son orientation professionnelle. Pleinement investie dans son mémoire, elle dévore les ouvrages relatifs aux émotions en entreprise et affine au fur et à mesure de ses découvertes son thème d’investigation.

Finalement, son sujet se focalise sur «  les compétences émotionnelles du manager et le bien-être : le cas des dirigeants de TPE et PME ». Ce mémoire est donc aussi l’occasion de rencontrer des chefs d’entreprise choisis parmi les effectifs de l’Executive MBA de l’ICN avec l’appui de sa tutrice, Krista Finstad-Milion. Les entretiens menés sont riches en enseignement et lui permettent de trouver des réponses à ses interrogations tout en soulevant de nouvelles questions sur le genre et les émotions du manager.

sarah 2Les dirigeants connaissent peu le concept d’intelligence émotionnelle

A travers les entretiens réalisés, il est apparu que les dirigeants interrogés ne connaissaient pas le terme de compétences émotionnelles et peu celui d’intelligence émotionnelle. Cependant, ils ont montré un intérêt accru pour le thème des compétences émotionnelles et de la performance, comprenant le rôle central de l’émotion dans leur comportement et celui de leurs collaborateurs. Mais le thème du bien-être ne requiert pas le même intérêt puisque seulement deux femmes sur les huit dirigeants ont affirmé clairement qu’il existait une corrélation entre le bien-être et la performance. L’utilisation optimale de leurs compétences émotionnelles leur parait donc avantageuse pour améliorer leur performance.

Diminuer l’intensité et la durée de leurs émotions négatives

Concernant les stratégies de régulation des émotions utilisées actuellement par les chefs d’entreprise, il ressort qu’ils ont plus tendance à adopter une stratégie leur permettant de diminuer l’intensité et la durée de leurs émotions négatives plutôt que de créer un environnement favorable à l’émergence d’émotions positives.

Les femmes disent avoir besoin de temps pour prendre des décisions, et instaurer un climat de confiance dans leur équipe

Finalement, un autre constat s’est fait remarquer au cours de l’analyse de l’étude terrain : le genre des dirigeants et leur relation avec le temps. Alors que les femmes expriment avoir besoin de temps pour analyser, réfléchir, prendre des décisions, apprendre et instaurer un climat de confiance dans leur équipe, les hommes disent prendre des décisions et trouver des solutions rapidement tout en manquant de temps quand il s’agit d’accomplir toutes les tâches qu’ils se sont fixés. Ces deux visions du temps ont des répercussions sur leur rapport à l’action et la réflexion. Par exemple, les dirigeants hommes ont été très réactifs pour répondre favorablement à sa demande d’entretiens et ils ont tenu à ce que les entretiens soient réalisés le lundi, au cours de la journée, pendant leurs pauses ou périodes creuses. Par opposition, les dirigeantes ont mis en moyenne 11 jours pour répondre favorablement à sa demande et ont demandé à ce que les entretiens soient organisés en fin de journée, voire en fin de semaine, le vendredi soir. Cette attitude montre qu’elles voulaient pouvoir répondre à ses questions en étant détendues, confortablement installées, sans avoir de contraintes de temps. Ainsi, elles semblaient vouloir prendre le temps de répondre à son interview après y avoir réfléchi longuement tandis que les hommes ont démontré qu’ils réagissaient rapidement à sa demande, lui accordant une plage horaire au cours de leur journée de travail pour gérer au mieux leur temps.

Pour les femmes, les relations nouées avec les collaborateurs peuvent être une grande source de satisfaction ou de frustration…

Une autre distinction entre les hommes et les femmes est apparue à la lumière des entretiens  concernant leur conception des relations humaines  nouées sur le lieu de travail, ce qui a une influence sur leur manière d’appréhender leur rôle de chef. Pour les femmes, les relations nouées avec les collaborateurs peuvent être une grande source de satisfaction ou de frustration, ce que n’expriment pas les hommes. Ce fait débouche sur deux styles différents de management d’équipe : alors que les femmes disent vouloir créer un esprit d’équipe par l’entraide en tenant compte de la personnalité de chaque membre, les hommes ont tendance à jouer sur leur autorité pour que l’équipe dans son intégralité les suive.

Les femmes tendent à préciser leur statut familial

Dernier point marquant : au cours des entretiens, les femmes ont évoqué leur vie personnelle et familiale alors que les hommes n’en ont fait aucune allusion. Pourquoi les femmes ressentent l’envie de préciser leur statut familial tandis que les hommes mettent une barrière entre leur vie professionnelle et leur vie privée ? Cette question reste en suspens.

Tous portés par une même passion pour leur rôle de chef d’entreprise et leur besoin d’engagement

Bien plus encore, ces conversations ont permis à Sarah d’échanger avec des hommes et des femmes ayant tous des personnalités et des parcours différents mais tous portés par une même passion pour leur rôle de chef d’entreprise et leur besoin d’engagement. Touchée par l’énergie débordante de ces personnes, elle comprend qu’aujourd’hui sa place est au sein d’un projet qui lui tienne à cœur. C’est la raison pour laquelle Sarah, tout juste diplômée, recherche une fonction dans laquelle elle sera en mesure d’investir ses capacités d’analyse et de réflexion tout en étanchant sa soif de relations humaines et de nouveauté perpétuelle. Qui sait ce que le futur réserve à cette jeune femme pleine de ressources ?