Anne SCHNELL

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Anne1De salariée d’EDF à créatrice d’une maison de couture

En créant et en développant avec succès à Nancy sa propre maison de couture dédiée aux robes de mariée, Anne Schnell donne au made in Lorraine une touche d’élégance et de grâce. Portrait d’une entrepreneure attachante et déterminée, qui ose le développement international.

La couture, c’est sa passion… dont elle n’a fait son métier qu’à 40 ans : « Ma mère cousait beaucoup et depuis l’âge de 10 ans, j’ai toujours été en contact avec une machine à coudre. Je suis très manuelle ! Pourtant, je n’ai pas passé de diplôme de couture. Mes parents m’ont plutôt encouragée à poursuivre des études plus traditionnelles au-delà du bac. Je suis ensuite entrée chez EDF où j’ai travaillé pendant une bonne quinzaine d’années. » Parallèlement, Anne a mis au monde deux enfants. Ce qui ne suffisait pas à son bonheur : avec son mari, Philippe, ils en souhaitaient ardemment un troisième. « Notre cadeau du Ciel est arrivé en 2001, dix ans après la naissance du premier, dit-elle dans un sourire. J’en ai profité pour demander un congé parental, ce qui m’a permis de coudre de plus en plus. C’est vraiment devenu ma passion. » Pourquoi ne pas en faire son métier ? Soutenue à 100 % par Philippe, elle s’est renseignée, a saisi les opportunités et participé à des forums dédiés à la création d’entreprise : « À l’issue de mon congé parental, c’était décidé : je ne reprendrais pas mon poste salarié ! J’ai démissionné et me suis mise à mon compte en tant que couturière. »

Le réseau, accélérateur de développement

Anne2Au début, Anne a démarré modestement, installant son atelier à domicile et se rendant chez ses clientes munie de sa précieuse machine à coudre. L’une d’elles lui a un jour parlé d’un local à louer. La couturière a saisi la balle au bond : « Au bout de deux ans, j’ai embauché ma première salariée, Mylène, qui est aujourd’hui chef d’atelier. En mars 2004, CréAnne, ma propre maison de couture, est devenue réalité. Le bouche-à-oreille a fait son œuvre et notre activité s’est bien développée. Philippe m’a beaucoup aidée aussi, car c’est un grand communicant, qui a mis ses réseaux physiques, puis sociaux, dans la boucle. Il m’a aussi encouragée à participer à des concours . Rapidement, Mylène et moi nous sommes senties à l’étroit et il a fallu déménager. » Depuis 2008, Anne et son équipe occupent un bel atelier à Villers-lès-Nancy. Pour l’acquérir, l'entrepreneure est passée devant une commission pour décrocher un prêt à taux zéro. Pari gagné.

Technicité et création d’emploi

Si CréAnne s’est spécialisée dans la confection de robes de mariée, cela n’a pas toujours été le cas. « Les premières demandes ont été faites un ou deux ans après mon installation, se souvient Anne. Mylène est diplômée des métiers d’art et a travaillé dans l’univers des costumes de scène et de théâtre. Je l’avoue, j’adore les robes de princesse ! La création de ces tenues est donc venue naturellement, remplaçant progressivement la confection plus classique. » Pourtant, juste avant le déclenchement de la crise économique, notre artiste a souhaité assurer ses arrières en ouvrant un service de retouches : « Au bout d’un an, j’ai remarqué que la demande de belles pièces augmentait. J’ai donc décidé de me concentrer uniquement sur les robes de mariée. » Un excellent calcul ! Quel est le secret d’Anne ? Ne surtout pas déguiser sa cliente en mariée, qui doit au contraire se sentir à l’aise et être reconnue par ses proches. « Pour répondre aux besoins très particuliers d’une future mariée, qui veut “la” robe pour le plus beau jour de sa vie, il faut l’écouter, essayer de cerner sa personnalité, sans oublier le savoir-faire et une haute technicité, explique-t-elle. C’est aussi un travail d’équipe. Avec mes quatre employées, nous échangeons en permanence. Enfin, il y a une forte part d’émotion : les larmes des clientes ou de leurs parents sont contagieuses. On pleure tout le temps chez CréAnne ! »

Anne3Objectif : l’international

Dans un univers très concurrentiel, Anne Schnell a réussi à tirer son épingle du jeu. Pour continuer à développer sa clientèle, elle communique beaucoup, participe à des défilés et des salons, investit dans des manifestations parfois onéreuses, se perfectionne techniquement. Toujours en proie au doute, elle ne se repose jamais sur ses lauriers. « Je ne travaille pas à échelle égale avec les chaînes, qui ont des techniques de vente très différentes des miennes, souligne-t-elle. Je tiens à ce que notre production reste essentiellement française et je sensibilise aussi mes partenaires (wedding planners, etc.) à cela. Notre but est de toujours proposer une qualité parfaite pour que nos clients en parlent ensuite autour d’eux. » Pour 2016, la créatrice ambitionne de développer la distribution en Lorraine, voire dans l’Hexagone, des tenues de la toute première collection de CréAnne. Des robes au charme unique et intemporel, quasi de luxe, mais à un prix abordable. Elle envisage même à terme une expansion à l’étranger, au Liban ou en Russie. Le réseautage EST’elles Executive lui a permis d’habiller sa première mariée russe dans une robe qui portait, par hasard, le prénom de sa mère, Tatiana, avec mise en scène devant un château en Lorraine et même la place Rouge à Moscou. The sky’s the limit…

© Géraldine COUGET
Equipe de rédaction EST'elles